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Le radis rouge monstrueux de Kashgar

Auguste Paillieux et Désiré Bois lors de leurs tentatives d’acclimatation de légumes exotiques, tombent parfois sur des spécimens déconcertants ! La preuve avec le radis rouge monstrueux de Kashagar, loin de la finesse du petit radis rose qui trône dans nos recettes d’été.

RADIS ROUGE MONSTRUEUX DE KASHGAR – Ràn-Tchoung-Tsi de Kashgah
Au printemps de 1890, M. N. Zolotnitski, président de la section botanique, dans la Société impériale d’acclimatation de Russie, dont le siège est à Moscou, nous a adressé, au nom de cette société, de nombreuses graines de la Kashgarie et du Pamir. Dans cette collection étaient comprises des graines de Ban-tchoung-tsi, radis rouge monstrueux de Kashgar. Nous avons appliqué à cette espèce la culture que réclamait le développement extraordinaire de ses racines. Les graines ont été semées en lignes et le plant a été éclairci de façon à ménager à la végétation de chaque plante, cinquante centimètres d’espace en tous sens. Nous citerons les radis que nous avons obtenus en 1893. Ils étaient énormes. Le plus gros pesait 3 kilos 700 grammes. Donné par notre jardinier à un traiteur de Paris, il a figuré dans l’étalage sous le nom de radis russe. Après avoir excité l’admiration des passants, il a été servi par tranches aux consommateurs de l’établissement qui s’en sont montrés fort satisfaits. Nous avons donné beaucoup de radis de Kashgar à des amis et à des voisins ; ils ont été déclarés excellents. Sa chair est croquante sans être dure, et piquante sans excès. Son défaut est d’être trop gros pour être servi entier et c’est dommage, car c’est une splendide racine. Il monte à graine promptement et nous avons reconnu que, sous le climat de Paris, il ne fallait pas le semer avant le mois de juillet.

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