La cuisine du campeur

Une délicieuse lecture sur les bases à connaître pour cuisiner en camping.
Extrait de La cuisine en plein air d’Édouard de Pomiane

Le campeur n’est plus un ambulant. Il a planté sa tente ou arrêté sa « caravane » dans le site choisi, où il passera quelques jours, parfois quelques semaines. Avant de s’arrêter, il a étudié le terrain. Il est à proximité d’un point d’eau. Il est à l’abri du vent trop violent, des rafales de pluie. Sans être sur la route, il reste près d’elle. Tout en étant loin des hommes, il peut se rendre rapidement à un village où il trouvera à se ravitailler en vivres frais. Le campeur peut donc, tout d’abord, préparer tout ce que l’automobiliste ou le canoéiste peuvent faire en leur installation de fortune. Mais, le campeur peut faire mieux car il a le temps. Il reste sur place et n’est pas continuellement hanté par l’heure du retour.

La confection du repas est une des joies du camping. Tout le monde doit y apporter son concours, mais tous doivent obéir à celui qui assure la tâche de préparer le déjeuner et le dîner. En camping, il ne doit pas y avoir d’oisifs. C’est le triomphe de la théorie de la division du travail. Le matériel culinaire du campeur sera le même que celui de l’automobiliste. Il sera cependant accru d’un ustensile indispensable pour faire une excellente cuisine : la cocotte de fonte et son couvercle. Dans cette marmite placée soit sur le réchaud à essence soit sur le feu de bois, on fait des ragoûts, des civets, des carbonnades, des rôtis, des goulaches, des soupes, des daubes : toutes préparations défendues à l’automobiliste qui s’installe pour une heure à l’orée d’un bois. Le campeur facilitera son travail de maître-queux en ayant aussi :

Une passoire.
Un pilon de bois.
Une écumoire.
Une cafetière-filtre.
Une petite terrine.
Deux bols.
Une petite planche à hacher.
Un grand couteau de cuisine.
Un fouet à mayonnaise, à manivelle.
Deux seaux de toile.
Une bassine à vaisselle.
Une lavette à vaisselle.
Un gril à poisson
Un gril à viande.

Pour faire la cuisine, le campeur pourra emprunter au chapitre III, toutes les idées, toutes les suggestions, toutes les techniques qui lui plairont. Qu’il possède cependant quelques épices et aromates.

Curry.
Muscade.
Thym, laurier.
Vanille en poudre.
Cannelle en poudre.

En cas de panne de ravitaillement le campement doit avoir quelques vivres de réserve :

Nouilles : 500 grammes
Farine de pois verts : 500 grammes
Farine de haricots blancs  :500 grammes
Farine de lentilles : 500 grammes
Semoule : 250 grammes
Petits pois : 1 boîte
Haricots verts : 1 boîte
Sauce tomate épaisse : 2 boîtes
Ananas : 1 boîte
Thon à l’huile : 1 boîte
Lait condensé non sucré : 2 boîtes
Extrait de café : 1 flacon
Extrait de viande liquide : 1 flacon

Ces réserves doivent être toujours remplacées dès qu’elles auront été employées. L’eau de boisson doit être surveillée. Si on n’en est pas sûr, mieux vaut boire du vin léger et des infusions de tilleul, verveine, menthe, thé, etc. On sera certain ainsi, de ne consommer que de l’eau bouillie, c’est-à-dire stérile au point de vue microbien.
Pour le campeur, nous donnerons ici, un certain nombre de plats que lui seul pourra préparer.

Nous ne ferons pas de distinction, ici entre le campeur qui s’installe dans la montagne ou à proximité de la mer. Certes, si nous traitons de bouillabaisse, nous ne parlons pas pour celui qui a planté sa tente sur un sommet des Alpes. Si nous faisons une compote d’airelles ou de myrtilles, nous ne nous adressons pas au campeur de la lande bretonne. Que chacun choisisse les plats réalisables dans les conditions où il se trouve.

Nous rappelons au campeur ce que nous avons dit à l’automobiliste, à propos de foyers de bois. Il faut circonscrire, limiter les foyers par des pierres, de façon à empêcher la flamme de se communiquer aux herbes avoisinantes. Cette petite construction doit affecter la forme, soit d’un demi-cercle, soit d’un carré ouvert sur l’un de ses côtés. Le foyer du campeur sera plus vaste que celui de l’automobiliste. Ce dernier veut simplement faire griller de la viande ; le campeur veut faire longuement cuire un plat dans la cocotte de fonte.

Il faut donc disposer dans le foyer deux pierres assez surélevées de façon à pouvoir y poser la marmite assez haut, pour qu’elle n’étouffe pas le feu. Le feu sera un feu de bois sec. Le maître-queue doit avoir assez d’autorité pour se faire constituer une réserve de combustible. Tout le monde doit faire la corvée de bois. Lorsque la cocotte de fonte doit rester une heure et demie sur le feu, choisissez, soit le feu de bois, soit le réchaud à pétrole. Dans ce dernier cas, interposez la rondelle de carton d’amiante entre la casserole et le foyer.
Après le repas, après le café, après le cognac, après la cigarette, après la pipe… vient la vaisselle. Que tout le monde s’y mette. L’eau bout dans la bassine. Ajoutez-y une cuillerée à soupe de carbonate de soude. Lavez les assiettes, les couverts avec le secours de la lavette.
Les amis essuient avec des torchons. Passez l’intérieur des casseroles au savon minéral, à la brosse à casserole. Nettoyez le dessous de la casserole d’aluminium avec des tampons spéciaux. Quant à la poêle et à la cocotte de fonte, nettoyez l’extérieur avec du papier ou des touffes d’herbe.

Ne laissez jamais la vaisselle pour le soir ou le lendemain.

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