L’almanach des gourmands

74,00 

Alexandre Balthazar Laurent Grimod de La Reynière – Préface de Jean-Claude Bonnet

L’oeuvre fondatrice de la gastronomie, indispensable aux bibliothèques de gourmets !

135 x 215 mm – 1120 pages

Description

« Événement considérable dans le petit monde de la gastronomie. Ces textes, parus en huit fascicules, n’avaient jusqu’ici jamais fait l’objet d’une publication intégrale. » Le Monde

Véritable œuvre fondatrice de la gastronomie, l’Almanach des Gourmands est à la fois le premier guide gastronomique et le premier ouvrage de vulgarisation culinaire. Grimod de La Reynière livrant à ses lecteurs, de 1803 à 1812, un ensemble d’ouvrages tout à la fois pratiques et encyclopédiques sur l’art culinaire.

Après la Révolution française, la gastronomie se transforme. Avec la naissance des restaurants, la bonne chère se démocratise et n’est plus simplement réservée aux nobles. Grimod de La Reynière offre à ce nouveau public les clés pour appréhender la gastronomie. Entre 1803 et 1812, Grimod publie huit tomes de son Almanach. Il déambule dans les rues de Paris à la recherche des meilleurs artisans, fournit de précieuses descriptions de produits et délivre des conseils pratiques ou étonnants, tels que la manière de confectionner des œufs monstrueux ou de teindre les écrevisses vivantes en rouge. Grimod met également en place un jury dégustateur chargé de noter les plats des restaurateurs.

Information complémentaire

Poids 1481 g
Dimensions 224 x 143 x 62 mm

Fils d’un fermier général, donc à ce titre légataire d’une fortune colossale, Grimod de La Reynière est né difforme. Malgré ses mains atrophiées, il réussit à faire de l’écriture le sujet principal de sa vie. Résidant dans ce qui était à l’époque le plus bel hôtel particulier de Paris, en bas des Champs-Élysées, ami de Rétif de la Bretonne, de Beaumarchais et de Mercier, il se fait connaître du Tout-Paris à 25 ans par des “happenings” culinaires dont son fameux “souper”. Il est considéré par les érudits comme le véritable fondateur de la critique gastronomique.

"Cette bible des gastronomes tient à la fois du calendrier nutritif, de l'histoire de l'art alimentaire et de la correspondance (gourmande). […] Une lecture, indispensable à tout passionné, qui donne du pain sur la planche."
Lire

Le curé bien avisé
Des dames qui habitaient le château de ***, voulant tirer une petite vengeance du curé du lieu (homme renommé dans toute la province pour sa gourmandise), ou seulement s’amuser à ses dépens, imaginèrent de lui jouer ce tour. Ce curé, recherché dans ses goûts, faisait plus de cas de la chère fine et délicate, que de la grosse chère. Cependant comme il était grand mangeur, il ne se montrait difficile que lorsqu’il avait à choisir. Ces dames fondèrent là-dessus leur espièglerie. M. le curé, invité au château, trouva la table chargée de grosses pièces, viandes communes, entremets nourrissants, etc. et rien de plus. Il se livra donc à son appétit, prenant le temps comme il venait, et se consolant de l’absence des ortolans par la présence des aloyaux. Les dames ne mangèrent presque point, et il ne s’en inquiéta guère; mais ne voilà-t-il pas qu’au milieu du dessert, on met sur la table un second dîner, composé d’entrées délicates, de gibier fin, de petits pieds, et le tout accommodé selon les grands principes de l’art. Notre curé, qui en avait jusqu’à la gorge, devient furieux à cet aspect, apostrophe durement les dames, se lève de table, et sort très en colère, sans vouloir rien écouter, et sans qu’on pu le retenir. Les dames se reprochaient déjà d’avoir poussé la plaisanterie trop loin, lorsque le Curé, reparaissant, feint d’être apaisé, se rassied, et mange comme quatre. On devine ce qu’il avait été faire pendant sa courte absence... Mais ce qui n’est pas moins sûr, c’est que les mystificatrices, mystifiées à leur tour, comprirent par-là qu’il ne faut jamais s’attaquer à un véritable gourmand sur le chapitre de la bonne chère.

[...]

"La plus grande peine que l’on puisse faire à un gourmand, c’est de l’interrompre dans l’exercice de ses mâchoires. C’est donc manquer d’usage et de savoir-vivre que de rendre visite à des gens qui manquent d’argent. C’est troubler leurs jouissances, les empêcher de raisonner leurs morceaux, et leur causer des distractions fâcheuses. Il n’est guère moins impoli d’arriver comme convive à un dîner commencé; ainsi lorsque les gens sont à table, les convives survenant doivent s’abstenir d’entrer, dussent-ils jeûner tout le reste du jour en punition de leur inexactitude."

[...]

"Ceux qui sont au courant de l’histoire de la cuisine savent jusqu’à quel point plusieurs ragoûts provençaux ont pris faveur à Paris depuis quinze ans: aussi l’ail qu’on tolérait à peine autrefois dans nos cuisines, que les cuisiniers même n’employaient qu’en cachette, dont le nom seul suffisait pour donner des vapeurs à nos petites maîtresses de la Cour et de la ville, est-il devenu depuis cette époque un assaisonnement presque vulgaire à Paris. Non seulement les cuisiniers en usent sans mystère mais les femmes les plus délicates ne se font plus scrupule de manger les ragoûts où il domine: la douceur de leur haleine en est sans doute fort altérée, mais comme tout le monde s’est mis à ce régime, personne n’a plus sur ce point de reproches à faire aux autres."

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